Frise chronologique
1515-1518
Construction initiale
Construction initiale
1515-1518 (≈ 1517)
Béringuier Maynier édifie logis et tours d’escalier.
1547
Extension par Jean Burnet
Extension par Jean Burnet
1547 (≈ 1547)
Agrandissement des ailes et portique inspiré d’Assézat.
1580-1591
Travaux de Pierre de Lancrau
Travaux de Pierre de Lancrau
1580-1591 (≈ 1586)
Surélévation de la tour et fenêtres à atlantes.
1889
Classement Monument Historique
Classement Monument Historique
1889 (≈ 1889)
Protection officielle de l’édifice.
1907
Destruction partielle
Destruction partielle
1907 (≈ 1907)
Percement de la rue Ozenne.
1909
Construction d’un nouveau corps
Construction d’un nouveau corps
1909 (≈ 1909)
Ajout à l’arrière par l’architecte Dargein.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
L'hôtel : classement par liste de 1889
Personnages clés
| Béringuier Maynier - Premier propriétaire et commanditaire |
Professeur de droit, capitoul, initie la construction. |
| Jean Burnet - Propriétaire et mécène |
Agrandit l’hôtel et ajoute le portique. |
| Pierre de Lancrau - Évêque de Lombez et propriétaire |
Surélève la tour et décore la cour. |
| Nicolas Bachelier - Architecte attribué (erronément) |
Longtemps crédité des extensions de 1547. |
Origine et histoire
L’hôtel de Lasbordes, également connu sous les noms d’hôtel du Vieux-Raisin ou hôtel Maynier, est un hôtel particulier Renaissance situé à Toulouse, entre les quartiers du Parlement et de Saint-Étienne. Son nom provient d’une ancienne taverne de la rue, reconnaissable à son enseigne représentant une grappe de raisin. Construit en 1518 pour Béringuier Maynier, professeur de droit et capitoul de Toulouse, il incarne l’architecture Renaissance toulousaine, marquée par l’influence italienne. Les travaux initiaux incluent un logis séparant cour et jardin, encadré de deux tours d’escalier et orné de fenêtres richement sculptées, typiques de la première Renaissance.
Longtemps attribué à l’architecte Nicolas Bachelier, les travaux d’extension de l’hôtel vers 1547 furent en réalité commandités par Pierre de Lancrau, évêque de Lombez, comme le révèlent des actes notariés récents. Jean Burnet, propriétaire de 1547 à 1577, agrandit les ailes et ferma la cour par un portique inspiré de l’hôtel d’Assézat, ajoutant des colonnes doriques et des décors en brique et pierre. Les armes de Burnet et de son épouse, visibles sur les caissons du portique, témoignent de leur influence. L’évêque Pierre de Lancrau, propriétaire ultérieur, suréleva la tour d’escalier et enrichit la cour de fenêtres à atlantes, figures hybrides et motifs inspirés de Fontainebleau.
Les fenêtres de l’hôtel, éléments clés de son décor, reflètent le statut social de ses commanditaires. Celles de la rue Ozenne, ornées de pilastres et de rinceaux, datent de Béringuier Maynier, tandis qu’une fenêtre de la rue du Languedoc, inspirée d’une gravure de Jacques Androuet du Cerceau, fut ajoutée par Jean Burnet entre 1547 et 1555. À l’intérieur, une cheminée monumentale, décorée de médaillons, d’angelots et de guirlandes, célèbre la culture humaniste de Maynier. Classé monument historique en 1889, l’hôtel allie héritage gothique (tour à vis du XVe siècle) et innovations Renaissance, illustrant l’évolution architecturale toulousaine.
L’édifice a subi plusieurs remaniements, notamment au XVIIIe et XIXe siècles, avec des modifications d’ouvertures et des surélévations. Un plan de 1876 révèle des transformations de fenêtres en rez-de-chaussée, tandis que le percement de la rue Ozenne en 1907 entraîna la destruction d’une partie de l’hôtel. En 1909, un nouveau corps de bâtiment fut ajouté à l’arrière, selon les plans de l’architecte J. Dargein. Aujourd’hui, l’hôtel conserve des décors intérieurs remarquables, comme des boiseries du XVIIIe siècle, un plafond peint et des stucs, ainsi qu’une hotte de cheminée en terre cuite signée Virebent.
Les décors de la cour, attribués en partie à Nicolas Bachelier, mêlent figures en atlantes, cariatides et motifs de cuirs découpés, évoquant les œuvres de Cellini ou de Michel-Ange. Les fenêtres du rez-de-chaussée, datées de la fin du XVIe siècle, présentent des figures hybrides aux pattes de lion, d’un réalisme anatomique et psychologique saisissant. Ces éléments, combinés à des faux mâchicoulis et à un toit à longs pans brisés, soulignent le caractère prestigieux de l’hôtel, symbole du faste des élites toulousaines à la Renaissance.